Légalisation du cannabis ou comment niaiser les Québecois

Le gouvernement fédéral vend aux Québécois et aux Canadiens une légalisation idyllique, sans anicroches, depuis le début de son mandat, mais à moins de 6 mois de la date annoncée, très peu des promesses faites sont respectées.

Les contraintes imposées aux Québécois sont particulièrement contraignantes  par rapport au reste du Canada, et la majorité d’entre elles découlent de l’appétit vorace du gouvernement Couillard.

Un point de vente de cannabis. Crédit photo : Marijuana Business Accounting

Production et vente

La mesure législative C-45, une loi fédérale, donne le droit à tout propriétaire de faire pousser au maximum 4 plants. Cela permet aux consommateurs d’être auto-suffisant et aiderait, selon plusieurs experts du milieu, à diminuer le marché noir en augmentant la production légale.

Malheureusement pour ceux arborant la fleur de lys sur leur drapeau, l’article 7 de cette mesure, concernant la culture à domicile, n’entrera pas en vigueur ici et ce pour des raisons quelques peu contradictoire. La ministre de la santé publique et des saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, a déclaré en conférence de presse que cette interdiction a pour but d’endiguer la culture illégale.

Logiquement, plus de plants de pot équivaut à plus de pot, mais logiquement, plus de plants de pot légal équivaut à moins de plants de pot illégal. Quelqu’un qui veut se faire de l’argent dans le milieu du cannabis n’attendra pas la légalisation avant de participer à des activités illégales… il est probablement déjà impliqué dans ce milieu.

Ce ban de production touche tout les futurs consommateurs, qui se retrouveront obligés d’aller à la Société du cannabis du Québec pour se fournir en cannabis.

Le gouvernement du Québec tient donc tête à une mesure législative fédérale, dans le but de créer un monopole. Les chiffres sont vagues et diffèrent, mais c’est plus de 100 millions$ qui vont alors être encaissés annuellement par la province de Québec, sur le dos des contribuables.

Permis de production

Bien sûr, si une plante est légalisée, sa production en est de même. Étant donné que la culture à domicile sera interdite par le gouvernement québécois, l’approvisionnement de la province en or vert sera dépendante des différentes compagnies ayant un permis.

Ce qui aurait pu devenir un marché florissant et local, en incitant des petites compagnies à se développer, se transforme en terrain de jeu pour les grands du milieu agricole.

Les permis de production sont très difficile à obtenir et prennent de nombreuses années à avoir. De nombreux règlements encadrent la demande du permis et limitent la grande majorité de la population à ouvrir une entreprise dans ce milieu.

Pour obtenir un permis, les producteurs doivent :

-S’assurer d’une surveillance caméra 24/24h de l’ensemble de leurs plants.

Une « cocotte » de marijuana. Crédit photo : Heater

-Installer une clôture entourant en entier le lieu de production.

-Avoir du personnel de sécurité s’assurant en tout temps qu’aucun évènement ne se produise.

-Obligatoirement cultiver le cannabis en serre.

Ces nombreuses contraintes empêchent financièrement les simples citoyens de se lancer dans ce milieu. Le marché appartient donc en TOTALITÉ aux producteurs ayant déjà des installations de culture intérieure ou disposant d’un porte-monnaie assez profond pour y piocher les centaines de milliers de dollars nécessaires.

Alors non seulement le consommateur ne peut faire pousser son propre cannabis, il lui est très difficile de devenir un producteur homologué et même s’il le devient, il lui sera impossible de commercialiser lui-même son produit.

Les prix du marché

Ce qui reste le plus vague du projet de loi C-45 sont les prix qui seront en vigueur. Selon Statistiques Canada, les Québécois paient en moyenne 5,89$ le gramme, ce qui revient environ à 3,5 grammes pour 20$.

Si cette statistique reflète la réalité, il reste à voir ce que le gouvernement décidera d’en faire. Trois options sont possibles, soit le gouvernement:

Vendra le produit plus cher : Cela entraînerait le marché noir à croître, ayant un bassin de                            consommateur plus grand suite à la légalisation et offrant de meilleurs prix.

Égalisera les prix : Probablement l’option la sécuritaire pour Québec. Des prix concurrents                            offriraient alors aux consommateurs actuels une option viable pour se procurer du cannabis,                     faisant perdre du même coup une clientèle importante au marché noir.

Baissera les prix : Certes les dealers se verront forcer de baisser leurs prix ou d’arrêter,                              mais une baisse des prix encouragerait aussi la consommation du produit, ce qui aurait plus                        d’effets néfastes que bénéfiques.

En tenant coup du bas coup de production du cannabis, il est probable que même si Québec baisse les prix, le marché noir accote la baisse. Une situation étrange apparaîtrait alors dans laquelle le gouvernement et les organisations criminelles se verront forcer de, tour à tour, diminuer leurs prix.

Le marché noir

Bien que le gouvernement québécois cherche à se faire du profit dans cette histoire, un souhait d’enrayer le marché noir du cannabis est aussi présent.

Outres les points déjà abordés, ces fameux règlement interdisant la production à domicile vient encourager les organisations criminelles dans leurs activités.

Crédit photo : Nick Centore

Jean, nom fictif d’un consommateur de cannabis québécois moyen, habite en campagne et achète son stock de manière illégale depuis plusieurs années. Il obtient des bons prix de son dealer, mais l’idée de faire pousser son cannabis à domicile lui plaît bien.

En entendant que la marijuana sera légalisé, Jean pense pouvoir finalement faire pousser sa propre consommation et cesser d’acheter illégalement. Or, il apprend qu’il ne pourra pas et qu’il devra se rendre dans un des 20 points de vente au Québec. Pensez-vous, de manière réaliste, que Jean ira se procurer son cannabis légalement, dans une boutique à des kilomètres de chez lui, quant il peut se le faire livrer à domicile à des prix concurrents.

Alors bien que Québec souhaite livrer du pot directement chez l’acheteur, ce dernier devra quand même payer les taxes en vigueur sur le produit. Ce simple détail peut encourager de nombreuses personnes à continuer de se le procurer sur le marché noir.

Si ce que le gouvernement provincial propose est ce qui se fera, c’est un monopole du marché qui aura lieu. Le citoyen n’aura aucune place dans la légalisation, autre que celle d’un revenu supplémentaire pour la province.

De plus, le cadre légal dans lequel la légalisation aura lieu encourage indirectement le marché noir.

Alors pour citer les Cowboys Fringants: «Si c’est ça le Québec moderne, ben moi j’met mon drapeau en berne et j’emm…»

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