Tous les articles par Camille Deslauriers

Journaliste et chroniqueuse

Les carrés jaunes ne font pas l’affaire de tous

La semaine dernière, le Québec a vu apparaître de nouveaux carrés : les carrés jaunes. Crée par l’adolescente de 15 ans Céleste Udhe, ce mouvement vise à égaliser le code vestimentaire entre les filles et les garçons. La jeune étudiante affirme qu’alors que les garçons peuvent porter des jeans troués, les filles elles, se voient expulsées si une telle situation se produit.

Le code vestimentaire est un sujet qui fait jaser depuis plusieurs années, et cette fois-ci, on sent que les adolescentes en ont assez.

Code vestimentaire

Voici quelques règles qui reviennent dans la plupart des écoles secondaires.

  • Les couvre‐chefs sont interdits : pas de chapeau, de tuque, etc.
  • Le dos et l’abdomen doivent être couverts: pas de camisole avec bretelles « spaghettis » ou de chandail « bedaine », etc.
  • Le legging doit être porté avec un vêtement qui le recouvre au moins jusqu’à la main tendue vers le bas (chandail long, tunique, jupe, short, etc.).
  • On ne doit pas voir les sous‐vêtement. 
  • Pas de vêtements trop courts : longueur des shorts ou jupes doit dépasser la main tendue vers le bas.

Source: http://joseph-francois-perrault.csdm.ca/files/Code-de-vie-2017-2018-Site-Internet.pdf

Les carrés jaunes ridiculisés par des animateurs de radio

Le mouvement des carrés jaunes ayant pris beaucoup d’ampleur, l’ancienne vice-première-ministre Nathalie Normandeau ainsi que Martin Erwell ancien journaliste judiciaire ont décidé de parler de ce sujet dans le segment éditorial de l’émission 100% Normandeau.

Les propos émis par ces deux adultes influents sont totalement exubérants. Nathalie Normandeau débute son éditorial en dénigrant Célestine . L’animatrice met en contexte le mouvement et tente d’expliquer les motivations des jeunes filles avec ma foi, beaucoup de difficulté. Madame Normandeau raconte que les filles souhaiteraient avoir beaucoup plus de liberté lorsque vient le temps de s’habiller.

Déjà que le début du segment nous laisse perplexe, Martin Everell continue la lancée de Nathalie Normandeau en rabaissant la jeune Célestine. « Elle veut porter des petites culottes courtes, une camisole pis pas de brassière » et sous-entend qu’une fille qui ne porte pas de brassière « c’est une « guidoune » ».

Je vous épargne les détails de l’éditorial et je vous le laisserai plus bas, mais laissez -moi vous dire que la suite est tout aussi désolante. L’ancien journaliste va même jusqu’à dire que cette initiative serait peut-être à l’origine d’un manque d’attention.

Non seulement les deux animateurs ont passé plus de 10 minutes à dénigrer une jeune femme qui cherche seulement à égaliser le code vestimentaire de son école, ils n’ont même pas compris l’essentiel du message et ont même cherché à dénaturer ses paroles.

Nous sommes en 2018 et voir des adultes aussi fermés d’esprit me désole à un plus haut point. On passe notre temps à se faire dire que c’est important d’affirmer qui nous sommes. On passe notre temps à se faire dire d’arrêter de craindre la société. Voilà qu’une adolescente qui veut simplement qu’on arrête de percevoir les femmes comme des objets sexuels se fait dénigrer par ces deux adultes. C’est à cause d’adultes comme eux, qu’encore aujourd’hui, le corps de la femme est hypersexualisé.

L’adolescente, face à cette critique, a fait belle preuve de maturité. « Je n’ai pas écouté ces entrevues, parce que ça ne m’intéresse pas ! […] en les écoutant, ça me donnerait l’impression de leur donner trop d’importance » m’a confié Célestine Udhe qui est à l’origine de ce mouvement.

Source: Radio Boulevard 102.1

Le show de Rousseau: vue du public

Suite au scandale qu’a fait exploser l’ancien animateur d’En mode Salvail, bien des choses se sont passées. N’ayant pas d’autre choix que de remplacer le trou à l’horaire par une nouvelle émission, les productions Fair-Play ont recruté l’humoriste Stéphane Rousseau afin d’animer le nouveau Talk -Show de fin de soirée.

Nouveau show, nouveau concept, a confié le nouvel animateur avant le lancement de l’émission. Bien que l’émission ait ses différences, le concept est, contrairement aux dires de Stéphane Rousseau, sensiblement le même. Un animateur qui reçoit des invités tout en essayant d’être comique et de faire rire le public.

Les critiques clament le désastre et les cotes d’écoute baissent de semaine en semaine, mais quel est le vrai problème?

Les gens ont beau se plaindre du malaise de l’animateur, il faut lui donner une chance. Rousseau est humoriste et a peu d’expérience en animation, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il donne une performance à la Véronique Cloutier dès le premier mois.

Ayant moi-même assisté au tournage de son émission, je vous assure que ce n’est pas l’humour qui manque sur ce plateau. Entre les pauses, pas de place pour l’animateur de foule, c’est Rousseau, qui fait le Show! Allant de performances improvisées aux anecdotes, rien ne pouvait l’arrêter.

Alors que tout le public riait des blagues que lançait Stéphane, c’est le décompte qui commence.« On commence dans trois », trois secondes avant que le premier invité fasse son entré, Stéphane s’assoit sur sa chaise qui ressemble étrangement à une vulnérable chaise de bureau. « Dans deux, un… » Ça tourne! C’est là que commence ce que le Québec en entier perçoit du Show de Rousseau. Un animateur qui ne semble pas être totalement à l’aise et une co-animatrice dont on ne comprend pas trop l’utilité. Dès que la caméra tournait, Stéphane se transformait.

Ma conclusion est la suivante: le concept est bon, quoique un peu trop sérieux, mais il faut donner une chance à la production et aussi au cher animateur de s’ajuster. Rassurez-vous, Stéphane Rousseau n’a pas perdu son humour et je crois qu’il trouvera rapidement une façon de mettre sa couleur dans son émission.