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Belle présence d’étudiants à Longue vue sur le court

IMG_1679Du 30 mai au 3 juin dernier, avait le festival de cinéma Longue vue sur le court, un partenaire du département de communication du Cégep André-Laurendeau. Ainsi, plusieurs courts-métrages réalisés par des étudiants en communication du Cégep André-Laurendeau étaient projetés à la maison de la culture Marie-Uguay, vendredi soir dernier et samedi dernier en début d’après-midi. 

Nous

Vendredi soir dernier, le film Nous réalisé par Maxime Archambault, Rose Drouin-Ouellette, Benjamin Peterson et Thomas Boeckstaens, était présenté à la maison de la culture Marie-Uguay. Dans le cadre de leur projet d’intégration, ces derniers ont pu faire un stage à Bordeaux pendant six semaines pour ainsi filmer leur oeuvre. « Ce fut une expérience inoubliable et enrichissante», mentionne Benjamin Peterson. Celui-ci et Maxime Archambault expliquent qu’ils ont fait du repérage à partir de Montréal pour par la suite, continuer leur projet en France.

Ce court-métrage est basé sur des témoignages exprimés sous l’anonymat avec des scènes métaphoriques représentant le harcèlement sexuel. Trouver des témoignages fut le plus gros défi dans le cadre du processus de création de leur film. Les réalisateurs ont demandé à des gens qu’ils connaissaient et qui avaient déjà été victimes de harcèlement de témoigner pour leur projet.

Leur film aborde le sujet de la femme et le mouvement #MeToo. « Ce sujet revenait souvent lors de nos tempêtes d’idées. Puis, il fallait qu’on trouve un angle et ce n’était pas longtemps après le mouvement #MeToo, le #Moiaussi. C’est un sujet qui nous touche beaucoup», explique Maxime Archambault. Le but de l’oeuvre était de donner une voix aux femmes et aux victimes de harcèlement sexuel, pour permettre aux gens de pouvoir s’exprimer et raconter leur histoire.

Et Maintenant? 

 Et maintenant est un court-métrage réalisé par Valérie Duchaine Perras, Ariane Boyer, Bryanna Frankel, Charlotte Bourbonnais-Lussier et Megan Morin-Gendron. Le film aborde le féminisme sous trois générations différentes qui élaborent sur des thèmes variés, comme l’éducation par exemple. « Après le mouvement #MeToo et toutes les déclarations, la nouvelle vague du féminisme nous a donné l’envie de faire un film hors de l’ordinaire», explique Valérie Duchaine Perras. Les réalisatrices ont voulu mettre l’accent sur expliquer ce qu’est le féminisme, éliminer la stigmatisation au tour de ce terme et juste valoriser le fait que ça prône l’égalité entre les hommes et les femmes.

«Ce n’est pas un documentaire classique, nous avons pris des risques. Nous avons voulu faire les choses à notre manière. Nous avons donc fait beaucoup de recherches et de questionnements. Nous n’avons pas voulu nous baser sur le cliché, mais plutôt faire réaliser aux gens que ce n’est pas le féminisme auquel ils s’attendaient», raconte Megan Morin-Gendron. Celle-ci dit que ses collègues et elle ont interrogé des gens dans leur entourage et que lorsque les hommes veulent l’égalité entre les deux sexes, ils sont féministes, mais que ça semble être un trop gros mot pour eux. «Le but du film était de changer la perception des gens par rapport à ce mot-là», explique Valérie Duchaine Perras.

Une protagoniste dans le documentaire est Florence, une étudiante qui milite pour le féministe et elle est surtout présente en réagissant par rapport aux propos du jeune garçon et de la grand-mère. Elle mène également le documentaire par un monologue sur le féminisme. «On voit souvent ça sur le web des gens qui réagissent par rapport à une autre vidéo. Je pense que ça fait tellement une belle réfutation entre les personnages. C’est un dialogue entre les deux personnages», ajoute Ariane Boyer. Valérie Duchaine Perras conclue en mentionnant que le titre porte le nom d’un mouvement et que c’est ça que le société doit encourager dans l’avenir.

Pretty good for a woman

Ce documentaire réalisé par Nicolas Dion, Jérémie Dussault, Catherine Lagacé et Thu Hang Bui aborde le sujet des femmes DJ. Selon des statistiques mentionnées dans le film, seulement 10% des DJ invités dans les festivals de musique électroniques sont des femmes, ce qui représente une minorité. Leur envie d’aborder ce sujet est venue d’un commentaire qu’ils ont lu à la suite d’une certaine publication sur Facebook, alors qu’un homme avait écrit que la DJ était plutôt bonne pour une femme. Cela leur a fait réagir et leur a donné le goût d’en faire un documentaire.

Les quatre étudiants du Cégep André-Laurendeau sont surtout fiers de la technique de leur documentaire. « Tu peux avoir un bon éclairage et une mauvaise caméra, puis ça donne tout de même un bon résultat», dit Nicolas Dion avec une touche d’humour. Ceux-ci ont fait témoigner des gens populaires dans le domaine de la musique électronique comme Maus, par exemple. Ce film a été bien accueilli par les gens du festival.

Intersections

Le film Intersections réalisé par Maxence Parent, Rosalie Michaud, Jade Laplante et Demmy Boucher est une fiction qui aborde le thème de l’amour. Cette réalisation a surtout été remarquée par les gens de Longue vue sur le court pour la qualité des plans dans la voiture, ce qui représente un certain risque selon Benoit Desjardins, l’organisateur du festival qui animait une discussion avec les réalisateur du film. Le montage sonore a pris beaucoup de temps à faire. Maxence Parent mentionne qui leur a fallu une séance de 11 heures  pour faire tout le montage sonore.

Certains étudiants en médias interactifs du Cégep André-Laurendeau ont pu se démarquer alors qu’ils ont présenté certaines de leurs oeuvres comme Anxiety, Réalité et  Prière. Les films Journal d’un sociopathe ainsi que Embryo réalisés par des anciens étudiants étaient projetés samedi. Le département de communication du Cégep André-Laurendeau tient à remercier ses partenaires qui ont contribué pour l’installation des projets interactifs ainsi que pour la projection des courts-métrages.

Crédits photo: Facebook: Département de Communication – Cégep André-Laurendeau

Routine meurtrière

C’est le 24 mars dernier que s’est tenu l’évènement March for our lives un peu partout autour des Etats-Unis. Autre qu’une manifestation pour exiger des lois plus strictes concernant le port d’armes, c’est un symbole d’espoir en dépit d’une critique pressante de la mentalité américaine.

March for our lives est le plus grand rassemblement contre les armes à feu de l’histoire des États-Unis, et est entièrement créé et inspiré par des étudiants américains. Il a pour but de dénoncer l’absence de contrôle appliqué à l’achat d’armes à feu. En effet, il est plus facile de se procurer une arme aux États-Unis qu’un passeport, un permis de conduire, un divorce ou encore un animal de compagnie. Cette négligence de la part du gouvernement engendre, depuis plusieurs années, de nombreuses fusillades mortelles. C’est pourquoi un demi million d’adolescents et leurs familles se sont levés samedi et ont pris en otage les rues de Washington, afin d’exiger que leur sécurité devienne une priorité. Effectivement, ils souhaitent proposer un projet de loi à la législation afin de discuter des problèmes de fusillades récurrents. Plus de 830 marches autour des États-Unis et au Canada espèrent elles aussi faire entendre raison aux dirigeants du pays et leur faire comprendre qu’il est temps d’agir.

Une longue liste

L’évènement est en réaction directe à la tuerie d’une dizaine de personnes dans une école secondaire de Floride, le jour de la Saint-Valentin. En effet, Nikolas Cruz a pénétré dans son ancienne école secondaire de Parkland avec un fusil semi-automatique AR-15 et a ouvert le feu sur 17 étudiants. Le problème, c’est que c’est fusillade n’était certainement pas la première et probablement pas la dernière. D’abord Columbine, en 1999, puis Sandy Hook, Charleston, Roseburg, Flagstaff: la liste ne cesse de s’allonger. Selon l’organisme Everytown, qui analyse les incidents liés aux armes à feu aux États-Unis depuis 2014, on répertorie déjà 33 fusillades depuis le début de l’année 2018. Nous ne sommes qu’en mars. Le fléau prend des proportions inquiétantes: dans ce pays où les armes font plus de 30 000 morts par an, les massacres par balle sont devenus coutumes. Plus personne n’est étonné d’entendre aux nouvelles qu’une nouvelle tuerie a éclaté chez nos voisins américains. La menace nous est devenue familière.

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Des étudiants de Centreville, en Virginie, participent à March for our lives à Washington.

Crédit photo: Win McNamee pour Getty Image

Des cours spéciaux

En outre, la situation s’est tellement aggravée que les jeunes enfants et adultes participant à la manifestation sont souvent représentés comme étant la génération «mass shooting». Au lieu de jouer de manière insouciante dans la cour d’école ou de forger la personne qu’ils deviendront à travers amours éphémères et amitiés intemporelles (comme un parcours scolaire devrait l’être), ces élèves vivent leur éducation avec une crosse appuyée sur la tempe. Le danger perpétuel a pris tellement de place que maintenant, les étudiants doivent participer à des exercices d’urgence pour apprendre à bien réagir en cas de confinement. Selon le centre américain des données statistiques en éducation, 70% des écoles américaines organisent ce genre de pratiques. Et pourtant, les 3000 élèves visés dans la tuerie de Parkland, le 14 février, prennent part à ces exercices chaque année.

 

Combinaison dangereuse 

Pourquoi les américains ressentent-ils plus que n’importe quel peuple le besoin de posséder des armes? La réponse résulte en un mélange inextricable d’histoire, de culture et de politique. C’est d’abord le deuxième amendement de la constitution des États-Unis qui rend tous ces incidents possibles. En effet, cet amendement permet la possibilité pour tout citoyen américain de posséder et de porter une arme à feu légalement. De plus, depuis la nuit des temps, les américains voient les armes à feu comme un symbole de patriotisme et de fierté. Le cinéma, par exemple, glorifie plus souvent qu’autrement les fusils. Ils sont également (ironiquement) synonymes de protection. Craig Shirley, historien et militant de la NRA affirme que «c’est une question de pouvoir, le pouvoir pour chacun de décider par lui-même».

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Crédit photo: Mike Peters

La National Rifle Association

La NRA, justement, a beaucoup à jouer dans la situation actuelle des Etats-Unis. NRA est un acronyme pour National Rifle Association. Fondé en 1871, le groupe a pour but de promouvoir et d’accroître la vente et le port d’armes à feu. Cependant, depuis 1934, l’association influence et exerce des pressions sur le gouvernement afin de défendre ses intérêts privés, la transformant ainsi en le plus gros lobby des armes au monde. La NRA, constituée d’environ cinq millions de membres, dépense un budget d’environ 250 millions par année, dont trois millions vont directement aux pratiques de lobbying. En effet, le poids du NRA au sein du Congrès est monumental. Par exemple, l’association classe publiquement les membres du Congrès basés sur leur opinion face au droit d’armes. Ces notes peuvent avoir un impact sur les votes aux élections et faire perdre sa place au Congrès à un candidat qui se tiendrait contre le port d’armes à feu. La NRA soudoie donc ouvertement le personnel politique du pays afin qu’ils s’obstinent à ne pas déroger de leur position par rapport aux armes (malgré la directe conséquence de nombreuses pertes de vie) pour que l’association continue à se remplir les poches.

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Des manifestants pour March for our lives sur la place de Trocadero, à Paris en France

Crédit photo: https://www.aol.com/article/news/2018/03/27/former-supreme-court-justice-stevens-repeal-the-second-amendement/23396492/

Somme toute, des milliers de jeunes se sont tenus debout la semaine passée pour ce qu’ils croient ardemment être juste. Combien de fois devrons-nous répéter l’erreur avant de se rendre compte que c’en est une? Combien d’enfants tenteront de profiter de la récréation en se demandant si ce sera leur dernière? Combien de familles devront regarder leur enfant partir pour l’école le matin, pour ne plus jamais les voir rentrer à la maison? La gravité de la situation est indiscutable: des enfants sont sortis dans la rue pour exiger que leurs droits, leurs vies, soient respectés. Des petites âmes qui réclament de pouvoir jouer à la pâte à modeler, sans risquer d’être bercés par le rythme des coups de feu et des larmes qui coulent sur leurs joues pour un ami décédé. Comme si les voix de ces jeunes qui ne demandent qu’à vivre vieux n’étaient pas assez, les américains s’entêtent à dire que les armes à feu servent à se protéger. Mais de quoi? D’eux-mêmes? C’est au moment où un peuple a besoin de sentir une gâchette entre ses doigts pour se sentir en sécurité face à ses égaux qu’on comprend que l’humanité vit un grave problème. God bless America!